bettina masson – psychothérapie corporelle

psychothérapie psychocorporelle


Fléau des écrans et des images ou monde en mutation ? Par Linda Gandolfi

Notre monde file à toute vitesse. Où court-il si vite ? Nul ne le sait. À sa perte affirment certains. C’est possible, mais l’histoire nous a montré que ce monde est aussi plein de rebondissements et que ce qui se joue en surface cache souvent des processus évolutifs profonds.

Aujourd’hui, la plus grande mutation sociétale à laquelle nous assistons est celle de l’envahissement des écrans, des images et de cette mise en réseau qui relie chacun à tous. Mutation vertigineuse par la rapidité de son extension mais aussi passionnante si on considère que l’image est le support emblématique de la construction individuelle. Quelles sont les conséquences d’une telle mutation pour les enfants ? Nous analyserons dans un premier temps l’origine des risques d’addiction provoqués par l’image au cours de la construction psychique de l’enfant puis tenterons de replacer cet envahissement de l’image dans l’évolution du sujet.

I L’addiction à l’image

Rôle fondateur de l’image maternelle
L’expérience de la vision est une étape essentielle dans la construction du sujet qui fait passer progressivement le nouveau-né de l’hallucination à la réalité du monde. Plongé dès sa naissance dans la contemplation du visage de sa mère lors des échanges et plus particulièrement lors des tétées, le nourrisson s’abreuve à cette image dont il apprend à connaître les moindres expressions. Une présence apaisante qui répond à ses besoins, calme ses angoisses et qu’il ne distingue pas encore de sa propre réalité. C’est à partir de cette vision rassurante, reconnaissable entre toute, que le monde autour de l’enfant va prendre forme jusqu’au jour où, quelques mois plus tard, en apercevant son visage au côté de celui de sa mère dans le miroir, il va découvrir avec ravissement qu’il a, lui aussi, une existence propre et distincte.
Ce premier lien à l’imago maternelle est fondateur de l’ancrage dans l’existence. L’image est ce qui soude les éléments du monde en donnant corps à cette première représentation de soi dans le monde. Voir le monde, en appréhender les formes, en mesurer la profondeur métonymique et en restituer la teneur métaphorique par le langage, constituent l’expérience fondatrice qui conduit le sujet à la conscience de sa propre réalité et de celle du monde qui l’entoure.
Reflet narcissique indispensable, l’image conserve tout au long de la vie sa fonction dionysiaque reliant le sujet à son origine fondatrice. Elle agit comme un lieu de ressourcement imaginaire qui stimule la créativité et qui peut aussi représenter un refuge quand la réalité du monde est trop dure, voire trop tranchante. Elle est ce réservoir fantasmatique où chacun peut venir se ressourcer narcissiquement. Regarder une série télé ou un match de foot après une journée de travail est un moment agréable qui a l’avantage de déconnecter quelque peu le cerveau des soucis et des préoccupations quotidiennes. Nul ne saurait le nier. Mais point trop n’en faut car c’est là aussi, dans ce ressourcement que réside la régression et le risque d’addiction.

Danger passéiste de l’image
Supports essentiels de son ancrage dans le monde, les premières images qui entourent le nourrisson sont aussi porteuses de cet élément intemporel qui, s’il nous échappe consciemment, n’en est pas moins efficient. En effet, dans l’impact négatif des jeux vidéo par exemple, le danger vient de ce que l’image renvoie à une jouissance passéiste qui capte le regard et le détourne de la réalité du présent. Proche du rêve, l’image des écrans peut alors agir comme une dangereuse drogue ce qui explique aujourd’hui les dépendances aux jeux vidéo de nombreux adolescents ou jeunes adultes. Ainsi, un enfant qui passe ses journées sur les écrans de manière compulsive est incontestablement sur une pente dangereuse, mais on oublie trop vite que ce mouvement est dans un premier temps, un processus protecteur d’une réalité par trop agressive que l’enfant ne peut appréhender. Le problème n’est pas la consommation d’images mais ce qu’elle révèle de l’impasse d’accès à la réalité. Il importe de voir dans tout mouvement régressif le côté défensif et protecteur de la psyché. En effet, si l’image possède ce pouvoir passéiste, elle contient aussi un élément progressiste dans le sens où son temps spatialisé recèle les ferments du futur. Autrement dit, l’image n’est pas que cette information superficielle, elle contient un contenu symbolique qui la relie au présent par son universalité. Tout comme le visage de la mère et ses mimiques sont déterminants dans la transmission du désir de vivre, l’image est porteuse d’un message qui n’est pas neutre et qui fascine au lieu même de la difficulté rencontrée par l’enfant.
Par conséquent, la forte consommation d’images correspond à un remplacement temporaire et artificiel du lien maternel dont l’enfant ne peut s’émanciper. S’éloigner du point d’ancrage suppose pour tout individu que le principe de réalité est bien installé. Dans le cas contraire, le détournement de la fonction imaginale vient nourrir un lien de dépendance à la mère et le symptôme addictif signale la difficulté d’émancipation. Si l’image est très liée la mère, le rôle du père n’est pas moins important dans la mesure où il vient permettre à l’enfant d’opérer ce lent détachement maternel. Comme tout processus de défense, l’addiction est dans un premier temps un élément stabilisateur qui donne un sentiment d’unité et libère de l’angoisse du réel. La consommation d’images vient combler le manque qui ne peut être assumé. Le comportement addictif est le symptôme qui permet de pallier à la défaillance psychique tout en soulignant les effets nocifs de cette dépendance.
Il faudra ainsi aller chercher dans la relation des parents à l’enfant ce qui n’a pas permis à ce dernier de se structurer. Qu’est-ce qui dans la relation triangulaire entre l’enfant, sa mère et son père doit être corrigé pour le rassurer, lui donner les forces nécessaires pour appréhender le monde et se passer de ce substitut maternel que représente alors l’écran. En effet, il n’est pas rare de voir des enfants dès l’âge de deux ans tapoter sur l’iphone de leurs parents et reconnaître les icones de jeu. Difficile aussi de limiter le temps de jeu vidéo d’un adolescent.
Le sevrage de l’image tout comme le sevrage d’alcool et de drogue n’est jamais que le prétexte d’une sevrage maternel lui-même support de l’accès à la réalité. Si aujourd’hui les enfants paraissent particulièrement accrochés à leurs écrans, il ne faut pas oublier que les adultes regardent en moyenne la télévision trois heures par jour ce qui dénote, chez eux aussi, un fort besoin de ressourcement fantasmatique. Et encore, nous ne parlons pas ici des besoins fantasmatiques sexuels qui font le succès grandissant de la pornographie sur le net. Par conséquent, ce rôle fondamental de l’image dans la construction de l’unité psychique permet de supposer que la sollicitation des images a peut-être quelque chose à voir avec cette unité du sujet et plus précisément son renforcement face à un monde qui ne cesse de se complexifier.

II – Image et évolution du sujet

S’il y a un danger incontestable à consommer trop d’images quel pourrait en être néanmoins le bénéfice ? Peut-on voir dans cette démultiplication des écrans un défi pour l’évolution du sujet ? En effet, si on considère le rôle fondamental de l’image dans l’accès du sujet à la réalité de ce monde, quel sera l’impact sur la psyché de ces multiples écrans notamment sur une longue période ? Deux éléments sont à prendre en compte : l’impact de la multiplicité des écrans et l’impact de la virtualité du monde de l’image.

La multiplicité des écrans 
Lorsque que nous sommes face à un écran sur le net par exemple, le sujet est seul face au « tout » du monde. Il est seul face à une multiplicité qui est certes différente de ce qu’il se passe lorsqu’il regarde la télévision. En effet, avec l’écran de télévision, le monde s’invite dans notre salon et s’impose, il n’y a pas de véritable échange. L’enjeu pour l’enfant est de faire la différence entre cette image qui renvoie une fiction plus ou moins réelle du monde du dehors et la réalité c’est-à-dire celle de ses repères intérieurs et de ses parents. Les enfants seront bien évidemment attirés par ces images surtout celles des dessins animés qui les fascinent par le mouvement et les couleurs qu’elles proposent. Certaines chaines se sont aujourd’hui spécialisées dans la diffusion de programmes pour bébés. Ça marche dans la mesure où le nourrisson y trouve des images qui correspondent à sa vision hallucinatoire. Cela représente un premier danger peut-être plus grand que le net dans la mesure où l’effort de différenciation des images réelles et des images fictives que devra faire l’enfant est intense notamment s’il reste longtemps devant l’écran télévisé à un très jeune âge. Et les parents sont bien évidemment tentés d’en profiter car pendant ce moment là, l’enfant se calme et peut rester un long moment dans son transat.
Avec le net, on franchit une étape dans l’accès au monde du fait que l’on peut interagir et cela où que l’on soit. Ce « tout » du monde qui arrive par l’écran est accessible à chaque instant ; il peut ainsi être symboliquement rapproché du « tout » de la mère, du « tout » des premiers moments de la vie comme si l’universalité de l’écran nous renvoyait à ces premiers instants fondateurs de l’existence. Le danger d’addiction est certes d’autant plus grand que la sollicitation des images est plus importante. C’est en cela sans doute que le phénomène des écrans permet de supposer qu’au delà des effets négatifs, l’expérience invite aussi à un renforcement du Moi du sujet et par conséquent un renforcement de l’individualité. Les écrans fonctionnent comme autant de miroirs de nous-mêmes et renvoient à une sollicitation du monde quasi permanente qui exige une forte individuation. Le risque d’addiction étant de fait plus grand, la question de l’unité individuelle qui relève de la construction psychique se pose avec d’autant plus d’acuité.
Cela implique une conscience de la réalité plus précoce chez l’enfant et de fait, une conscience de la réalité qui doit aussi progresser chez les adultes qui les entourent et qui sont eux aussi soumis à l’attraction des images.

La virtualité des images
Avec les progrès de la technique, les images sont devenues pour la plupart virtuelles, c’est-à-dire qu’elles reconstruisent une réalité parallèle au monde réel, une réalité qui a son autonomie.
Il y a les images et derrière les images, il y a les objets. La relation à l’objet est ce qui permet à l’enfant de construire son monde intérieur à partir de la cohérence qu’il va découvrir dans le monde extérieur. La vision s’accompagne du toucher, de l’appréhension des choses, de l’écoute et notamment des mots posés sur les images et les objets. Cette expérience sensible organise la connaissance du monde réel. Or il semble que le monde virtuel vient s’intercaler entre cette réalité vraie et l’illusion de ce monde. La virtualité élève l’image à un statut quelque peu supérieur à celui de l’image plane habituelle dans la mesure où elle est plus proche de la réalité : lorsque j’achète mes billets de théâtre sur internet, je ne suis pas au guichet du théâtre et pourtant ma carte bleue sera bien débitée et tel soir je pourrais récupérer mes billets et assister à la pièce. L’acte virtuel a des conséquences tangibles. Si on prolonge ce raisonnement, on peut penser que la virtualité du jeu vidéo par exemple qui reproduit certaines scènes de la vie a un impact plus important sur la psyché de l’enfant. À ce propos, il est étonnant de constater que la plupart des jeux vidéo empruntent leur scénario aux grandes sagas mythiques de l’humanité. Nous avons montré dans d’autres textes à quel point le mythe en tant que support symbolique de l’image structure l’accès de l’être à la réalité. Ainsi derrière chaque image se cache une histoire symbolique qui devient accessible grâce au mythe. La réactualisation de ces grands mythes met les enfants face à leur devenir plus surement que toutes les histoires que nous pouvons leur raconter ou plus exactement que nous ne leur racontons plus. On peut donc penser qu’au-delà du danger que représente ce monde virtuel il est aussi un accélérateur de l’accès à la réalité du monde dans la mesure où il met les enfants, ici plutôt les adolescents, face à des histoires mythiques qui leur donne un accès à l’universalité. Il s’agit en quelque sorte d’un degré supérieur des contes et histoires légendaires que nous leur racontions avant de s’endormir.
La question peut alors se formuler ainsi : la relation à l’objet virtuel a-t-elle un impact sur la relation à l’objet réel ? Le film Her de Spike Jonze raconte la rencontre amoureuse entre un homme et une voix d’ordinateur. Le scénario est crédible, mais il n’est jamais qu’un prolongement certes plus réaliste des fantasmes éveillés que peuvent faire les jeunes filles quand elles rêvent à leur prince charmant qui prend la forme de l’acteur en vogue du moment. Cela vient en lieu et place d’un processus d’auto-jouissance qui est la réplique de la première phase auto-contemplative du visage maternel. L’adolescent rêve sa vie avant de pouvoir la vivre. Ces fantasmes sont porteurs d’une belle perspective qui met en route le désir en quelque sorte mais ils peuvent aussi devenir inhibants si le sujet ne trouve pas un minimum de réalisation. C’est toujours une question de seuil. Le fantasme est ainsi positif jusqu’à un certain point. Il propulse le sujet vers une réalité mais si ce dernier ne passe pas à l’acte, il peut l’enfermer au contraire dans une impasse. C’est là où les images virtuelles présentent à la fois un extraordinaire accélérateur qui peut bien sur se retourner contre l’utilisateur en l’y enfermant. Ainsi en tant qu’accélérateur de rêve, le monde virtuel semble ouvrir un champ méconnu non pas de l’image mais de la réalité laquelle chemine au côté de la conscience que nous en avons.

L’enjeu pour les parents d’une telle mutation
La multiplicité de ces images et leur « réalisme » réclament par conséquent une plus grande résistance à la pression du monde imaginaire et virtuel qui se fait omniprésent. Comment ? Tout se passe comme si dans cet effet de mondialisation, l’individualisation du sujet et particulièrement celle des enfants, devait monter d’un cran. Appelés à dialoguer avec le monde entier et à rêver leur vie de manière réaliste, ils vont devoir développer cette capacité à jongler entre le monde réel et le monde virtuel .
L’accompagnement des enfants dans cette expérience de la réalité va bien au-delà de l’obligation de poser des interdits et de limiter l’accès aux écrans. Il est bien sur important de poser une limite surtout lorsque l’on voit s’installer une consommation trop importante qui file vers l’addiction. Trois heures de jeux vidéo sont sans doute équivalent à la fumée d’un joint ou à l’ingurgitation de trois ou quatre bières. À consommer donc avec modération et le conseil de Serge Tisseron de modérer l’accès aux écrans en fonction de l’âge est incontestablement à suivre même si tous les enfants ne réagissent pas de la même manière eu égard notamment à leur construction psychique et leur lien à la mère. Mais cela ne suffira pas même si le fait de poser un interdit est un geste important dans la relation parent/enfant. Il s’agit moins de protéger les enfants des écrans que de leur apprendre à s’en émanciper.
La première étape est sans doute de donner l’exemple soi-même en ne jouant pas dès que les enfants sont couchés comme le font un bon nombre de parents. Les jeunes adultes accros aux jeux ou manifestant d’autres formes d’addiction sont nombreux. Il n’est pas rare de voir aujourd’hui des gens de tout âge notamment dans le métro s’acharner sur leur iPhone avec avidité. Or, on ne peut imposer que ce que l’on a soi-même dépassé d’autant que les enfants renvoient les parents à des problématiques d’accès à la réalité inconsciente et parfaitement masquées par une vie souvent rythmée par des horaires de travail intenses.
Comme nous l’avons évoqué plus haut, si l’addiction à l’écran des enfants est un symptôme, ce dernier révèle et met le doigt sur les aspects fantasmatiques de la relation. À ce titre les difficultés de l’enfant sont de véritables miroirs des problèmes enkystés des générations précédentes. Mais plus généralement, on peut penser que la multiplicité des écrans et le danger que cela représente pour les enfants, incite les parents à élever leur propre niveau de conscience et générer ainsi une plus grande compréhension des enjeux relationnels dans l’éducation. L’accroissement du danger addictif oblige à plus de conscience des enjeux de la transmission parent-enfant. Telle nous paraît être aujourd’hui la mission des parents en fonction de l’avenir qui semble se dessiner au travers des nouvelles formes de communication.
Les enjeux de la transmission reposent sur une compréhension de ces jeux de miroir d’une génération à l’autre que l’exploration de l’inconscient peut aujourd’hui mettre à jour. En effet, et c’est le plus important, le plus sur moyen de lutter contre les effets inhibiteurs des images consiste à en activer la portée symbolique. Accéder à la symbolique des images c’est élever ces dernières à un sens supérieur et accompagner les enfants dans leur quête d’expérience et de compréhension. C’est notamment ce qu’ils cherchent dans les jeux vidéo qui ne font que reproduire au fond les grandes étapes mythiques de la vie en mettant en scène la vie, la mort, l’honneur, la trahison, les alliances, les pouvoirs…, autant de situations initiatrices qui font d’eux des aventuriers virtuels.
Les parents d’aujourd’hui doivent être impérativement conscients de l’impact de leur relation dans l’éducation de leurs enfants : la recherche du sens des difficultés rencontrées, l’interprétation des attitudes en apparence incompréhensibles, le décryptage du langage symbolique des enfants vont devoir être les supports de l’éducation. Ils vont devoir élever les niveaux de discussion et répondre à la sollicitation de plus en plus forte des enfants face à l’absurde camusien de l’existence.
À ce titre les enfants sont le réservoir vierge d’une conscience éthique refoulée qu’il va falloir réveiller pour ne pas sombrer dans les pièges d’un monde qui se démultiplie à l’infini dans une réalité de plus en plus clivante. La multiplicité des écrans ne fait que confirmer les modifications profondes de la société lesquelles impactent avant tout la relation aux autres. C’est donc à ce niveau que se joue la formation et l’éducation des nouvelles générations, celles qui vont devoir affronter les conséquences de la mondialisation et donc gérer des modes de rencontre et d’échange certes très différents de ce que nous avons connus. Donner aux enfants l’envie de vivre leur vie plutôt que de la rêver. Pour cela il faut aussi construire un monde qui a un sens.

 Linda Gandolfi, é/a/p paris 2014
Publicités

Désincarcérer les corps, Bruno Latour

« Désincarcérer les corps » dans Psychiatrie Française, Vol. XXXXIII, 1/12 Juin 2012, p. 23-37. (transcription d’une conférence prononcée à la Journée de l’Association Française de Psychiatrie, La philosophie et la psychiatrie,18.11.2011

« Je vais explorer avec vous cette situation, en partant d’un minuscule domaine des sciences sociales que j’appelle l’anthropologie symétrique et qui a pour but d’établir avec les autres collectifs des rapports qui ne soient fondés ni sur la notion de cultures, ni sur celle de nature. Depuis une trentaine d’années, cette anthropologie s’efforce d’éviter d’utiliser le schème Nature/Culture qui a fait beaucoup de ravages en anthropologie et que vous connaissez bien dans votre propre domaine dans la version qui n’est pas moins ravageuse et qui porte le nom de « Mind/Body ». J’utiliserai cette expression en anglais tout au long pour bien marquer qu’il ne s’agit pas là d’une évidence naturelle mais d’une production anthropologique locale et historiquement située qu’il n’y a aucune nécessité de prendre pour argent comptant. Nature/Culture aussi bien que Mind/Body sont deux façons de bloquer toute réflexion sur ce qui arrive quand les êtres du psychisme rencontrent les effets des cures. »