bettina masson – psychothérapie corporelle

psychothérapie psychocorporelle


Fléau des écrans et des images ou monde en mutation ? Par Linda Gandolfi

Notre monde file à toute vitesse. Où court-il si vite ? Nul ne le sait. À sa perte affirment certains. C’est possible, mais l’histoire nous a montré que ce monde est aussi plein de rebondissements et que ce qui se joue en surface cache souvent des processus évolutifs profonds.

Aujourd’hui, la plus grande mutation sociétale à laquelle nous assistons est celle de l’envahissement des écrans, des images et de cette mise en réseau qui relie chacun à tous. Mutation vertigineuse par la rapidité de son extension mais aussi passionnante si on considère que l’image est le support emblématique de la construction individuelle. Quelles sont les conséquences d’une telle mutation pour les enfants ? Nous analyserons dans un premier temps l’origine des risques d’addiction provoqués par l’image au cours de la construction psychique de l’enfant puis tenterons de replacer cet envahissement de l’image dans l’évolution du sujet.

I L’addiction à l’image

Rôle fondateur de l’image maternelle
L’expérience de la vision est une étape essentielle dans la construction du sujet qui fait passer progressivement le nouveau-né de l’hallucination à la réalité du monde. Plongé dès sa naissance dans la contemplation du visage de sa mère lors des échanges et plus particulièrement lors des tétées, le nourrisson s’abreuve à cette image dont il apprend à connaître les moindres expressions. Une présence apaisante qui répond à ses besoins, calme ses angoisses et qu’il ne distingue pas encore de sa propre réalité. C’est à partir de cette vision rassurante, reconnaissable entre toute, que le monde autour de l’enfant va prendre forme jusqu’au jour où, quelques mois plus tard, en apercevant son visage au côté de celui de sa mère dans le miroir, il va découvrir avec ravissement qu’il a, lui aussi, une existence propre et distincte.
Ce premier lien à l’imago maternelle est fondateur de l’ancrage dans l’existence. L’image est ce qui soude les éléments du monde en donnant corps à cette première représentation de soi dans le monde. Voir le monde, en appréhender les formes, en mesurer la profondeur métonymique et en restituer la teneur métaphorique par le langage, constituent l’expérience fondatrice qui conduit le sujet à la conscience de sa propre réalité et de celle du monde qui l’entoure.
Reflet narcissique indispensable, l’image conserve tout au long de la vie sa fonction dionysiaque reliant le sujet à son origine fondatrice. Elle agit comme un lieu de ressourcement imaginaire qui stimule la créativité et qui peut aussi représenter un refuge quand la réalité du monde est trop dure, voire trop tranchante. Elle est ce réservoir fantasmatique où chacun peut venir se ressourcer narcissiquement. Regarder une série télé ou un match de foot après une journée de travail est un moment agréable qui a l’avantage de déconnecter quelque peu le cerveau des soucis et des préoccupations quotidiennes. Nul ne saurait le nier. Mais point trop n’en faut car c’est là aussi, dans ce ressourcement que réside la régression et le risque d’addiction.

Danger passéiste de l’image
Supports essentiels de son ancrage dans le monde, les premières images qui entourent le nourrisson sont aussi porteuses de cet élément intemporel qui, s’il nous échappe consciemment, n’en est pas moins efficient. En effet, dans l’impact négatif des jeux vidéo par exemple, le danger vient de ce que l’image renvoie à une jouissance passéiste qui capte le regard et le détourne de la réalité du présent. Proche du rêve, l’image des écrans peut alors agir comme une dangereuse drogue ce qui explique aujourd’hui les dépendances aux jeux vidéo de nombreux adolescents ou jeunes adultes. Ainsi, un enfant qui passe ses journées sur les écrans de manière compulsive est incontestablement sur une pente dangereuse, mais on oublie trop vite que ce mouvement est dans un premier temps, un processus protecteur d’une réalité par trop agressive que l’enfant ne peut appréhender. Le problème n’est pas la consommation d’images mais ce qu’elle révèle de l’impasse d’accès à la réalité. Il importe de voir dans tout mouvement régressif le côté défensif et protecteur de la psyché. En effet, si l’image possède ce pouvoir passéiste, elle contient aussi un élément progressiste dans le sens où son temps spatialisé recèle les ferments du futur. Autrement dit, l’image n’est pas que cette information superficielle, elle contient un contenu symbolique qui la relie au présent par son universalité. Tout comme le visage de la mère et ses mimiques sont déterminants dans la transmission du désir de vivre, l’image est porteuse d’un message qui n’est pas neutre et qui fascine au lieu même de la difficulté rencontrée par l’enfant.
Par conséquent, la forte consommation d’images correspond à un remplacement temporaire et artificiel du lien maternel dont l’enfant ne peut s’émanciper. S’éloigner du point d’ancrage suppose pour tout individu que le principe de réalité est bien installé. Dans le cas contraire, le détournement de la fonction imaginale vient nourrir un lien de dépendance à la mère et le symptôme addictif signale la difficulté d’émancipation. Si l’image est très liée la mère, le rôle du père n’est pas moins important dans la mesure où il vient permettre à l’enfant d’opérer ce lent détachement maternel. Comme tout processus de défense, l’addiction est dans un premier temps un élément stabilisateur qui donne un sentiment d’unité et libère de l’angoisse du réel. La consommation d’images vient combler le manque qui ne peut être assumé. Le comportement addictif est le symptôme qui permet de pallier à la défaillance psychique tout en soulignant les effets nocifs de cette dépendance.
Il faudra ainsi aller chercher dans la relation des parents à l’enfant ce qui n’a pas permis à ce dernier de se structurer. Qu’est-ce qui dans la relation triangulaire entre l’enfant, sa mère et son père doit être corrigé pour le rassurer, lui donner les forces nécessaires pour appréhender le monde et se passer de ce substitut maternel que représente alors l’écran. En effet, il n’est pas rare de voir des enfants dès l’âge de deux ans tapoter sur l’iphone de leurs parents et reconnaître les icones de jeu. Difficile aussi de limiter le temps de jeu vidéo d’un adolescent.
Le sevrage de l’image tout comme le sevrage d’alcool et de drogue n’est jamais que le prétexte d’une sevrage maternel lui-même support de l’accès à la réalité. Si aujourd’hui les enfants paraissent particulièrement accrochés à leurs écrans, il ne faut pas oublier que les adultes regardent en moyenne la télévision trois heures par jour ce qui dénote, chez eux aussi, un fort besoin de ressourcement fantasmatique. Et encore, nous ne parlons pas ici des besoins fantasmatiques sexuels qui font le succès grandissant de la pornographie sur le net. Par conséquent, ce rôle fondamental de l’image dans la construction de l’unité psychique permet de supposer que la sollicitation des images a peut-être quelque chose à voir avec cette unité du sujet et plus précisément son renforcement face à un monde qui ne cesse de se complexifier.

II – Image et évolution du sujet

S’il y a un danger incontestable à consommer trop d’images quel pourrait en être néanmoins le bénéfice ? Peut-on voir dans cette démultiplication des écrans un défi pour l’évolution du sujet ? En effet, si on considère le rôle fondamental de l’image dans l’accès du sujet à la réalité de ce monde, quel sera l’impact sur la psyché de ces multiples écrans notamment sur une longue période ? Deux éléments sont à prendre en compte : l’impact de la multiplicité des écrans et l’impact de la virtualité du monde de l’image.

La multiplicité des écrans 
Lorsque que nous sommes face à un écran sur le net par exemple, le sujet est seul face au « tout » du monde. Il est seul face à une multiplicité qui est certes différente de ce qu’il se passe lorsqu’il regarde la télévision. En effet, avec l’écran de télévision, le monde s’invite dans notre salon et s’impose, il n’y a pas de véritable échange. L’enjeu pour l’enfant est de faire la différence entre cette image qui renvoie une fiction plus ou moins réelle du monde du dehors et la réalité c’est-à-dire celle de ses repères intérieurs et de ses parents. Les enfants seront bien évidemment attirés par ces images surtout celles des dessins animés qui les fascinent par le mouvement et les couleurs qu’elles proposent. Certaines chaines se sont aujourd’hui spécialisées dans la diffusion de programmes pour bébés. Ça marche dans la mesure où le nourrisson y trouve des images qui correspondent à sa vision hallucinatoire. Cela représente un premier danger peut-être plus grand que le net dans la mesure où l’effort de différenciation des images réelles et des images fictives que devra faire l’enfant est intense notamment s’il reste longtemps devant l’écran télévisé à un très jeune âge. Et les parents sont bien évidemment tentés d’en profiter car pendant ce moment là, l’enfant se calme et peut rester un long moment dans son transat.
Avec le net, on franchit une étape dans l’accès au monde du fait que l’on peut interagir et cela où que l’on soit. Ce « tout » du monde qui arrive par l’écran est accessible à chaque instant ; il peut ainsi être symboliquement rapproché du « tout » de la mère, du « tout » des premiers moments de la vie comme si l’universalité de l’écran nous renvoyait à ces premiers instants fondateurs de l’existence. Le danger d’addiction est certes d’autant plus grand que la sollicitation des images est plus importante. C’est en cela sans doute que le phénomène des écrans permet de supposer qu’au delà des effets négatifs, l’expérience invite aussi à un renforcement du Moi du sujet et par conséquent un renforcement de l’individualité. Les écrans fonctionnent comme autant de miroirs de nous-mêmes et renvoient à une sollicitation du monde quasi permanente qui exige une forte individuation. Le risque d’addiction étant de fait plus grand, la question de l’unité individuelle qui relève de la construction psychique se pose avec d’autant plus d’acuité.
Cela implique une conscience de la réalité plus précoce chez l’enfant et de fait, une conscience de la réalité qui doit aussi progresser chez les adultes qui les entourent et qui sont eux aussi soumis à l’attraction des images.

La virtualité des images
Avec les progrès de la technique, les images sont devenues pour la plupart virtuelles, c’est-à-dire qu’elles reconstruisent une réalité parallèle au monde réel, une réalité qui a son autonomie.
Il y a les images et derrière les images, il y a les objets. La relation à l’objet est ce qui permet à l’enfant de construire son monde intérieur à partir de la cohérence qu’il va découvrir dans le monde extérieur. La vision s’accompagne du toucher, de l’appréhension des choses, de l’écoute et notamment des mots posés sur les images et les objets. Cette expérience sensible organise la connaissance du monde réel. Or il semble que le monde virtuel vient s’intercaler entre cette réalité vraie et l’illusion de ce monde. La virtualité élève l’image à un statut quelque peu supérieur à celui de l’image plane habituelle dans la mesure où elle est plus proche de la réalité : lorsque j’achète mes billets de théâtre sur internet, je ne suis pas au guichet du théâtre et pourtant ma carte bleue sera bien débitée et tel soir je pourrais récupérer mes billets et assister à la pièce. L’acte virtuel a des conséquences tangibles. Si on prolonge ce raisonnement, on peut penser que la virtualité du jeu vidéo par exemple qui reproduit certaines scènes de la vie a un impact plus important sur la psyché de l’enfant. À ce propos, il est étonnant de constater que la plupart des jeux vidéo empruntent leur scénario aux grandes sagas mythiques de l’humanité. Nous avons montré dans d’autres textes à quel point le mythe en tant que support symbolique de l’image structure l’accès de l’être à la réalité. Ainsi derrière chaque image se cache une histoire symbolique qui devient accessible grâce au mythe. La réactualisation de ces grands mythes met les enfants face à leur devenir plus surement que toutes les histoires que nous pouvons leur raconter ou plus exactement que nous ne leur racontons plus. On peut donc penser qu’au-delà du danger que représente ce monde virtuel il est aussi un accélérateur de l’accès à la réalité du monde dans la mesure où il met les enfants, ici plutôt les adolescents, face à des histoires mythiques qui leur donne un accès à l’universalité. Il s’agit en quelque sorte d’un degré supérieur des contes et histoires légendaires que nous leur racontions avant de s’endormir.
La question peut alors se formuler ainsi : la relation à l’objet virtuel a-t-elle un impact sur la relation à l’objet réel ? Le film Her de Spike Jonze raconte la rencontre amoureuse entre un homme et une voix d’ordinateur. Le scénario est crédible, mais il n’est jamais qu’un prolongement certes plus réaliste des fantasmes éveillés que peuvent faire les jeunes filles quand elles rêvent à leur prince charmant qui prend la forme de l’acteur en vogue du moment. Cela vient en lieu et place d’un processus d’auto-jouissance qui est la réplique de la première phase auto-contemplative du visage maternel. L’adolescent rêve sa vie avant de pouvoir la vivre. Ces fantasmes sont porteurs d’une belle perspective qui met en route le désir en quelque sorte mais ils peuvent aussi devenir inhibants si le sujet ne trouve pas un minimum de réalisation. C’est toujours une question de seuil. Le fantasme est ainsi positif jusqu’à un certain point. Il propulse le sujet vers une réalité mais si ce dernier ne passe pas à l’acte, il peut l’enfermer au contraire dans une impasse. C’est là où les images virtuelles présentent à la fois un extraordinaire accélérateur qui peut bien sur se retourner contre l’utilisateur en l’y enfermant. Ainsi en tant qu’accélérateur de rêve, le monde virtuel semble ouvrir un champ méconnu non pas de l’image mais de la réalité laquelle chemine au côté de la conscience que nous en avons.

L’enjeu pour les parents d’une telle mutation
La multiplicité de ces images et leur « réalisme » réclament par conséquent une plus grande résistance à la pression du monde imaginaire et virtuel qui se fait omniprésent. Comment ? Tout se passe comme si dans cet effet de mondialisation, l’individualisation du sujet et particulièrement celle des enfants, devait monter d’un cran. Appelés à dialoguer avec le monde entier et à rêver leur vie de manière réaliste, ils vont devoir développer cette capacité à jongler entre le monde réel et le monde virtuel .
L’accompagnement des enfants dans cette expérience de la réalité va bien au-delà de l’obligation de poser des interdits et de limiter l’accès aux écrans. Il est bien sur important de poser une limite surtout lorsque l’on voit s’installer une consommation trop importante qui file vers l’addiction. Trois heures de jeux vidéo sont sans doute équivalent à la fumée d’un joint ou à l’ingurgitation de trois ou quatre bières. À consommer donc avec modération et le conseil de Serge Tisseron de modérer l’accès aux écrans en fonction de l’âge est incontestablement à suivre même si tous les enfants ne réagissent pas de la même manière eu égard notamment à leur construction psychique et leur lien à la mère. Mais cela ne suffira pas même si le fait de poser un interdit est un geste important dans la relation parent/enfant. Il s’agit moins de protéger les enfants des écrans que de leur apprendre à s’en émanciper.
La première étape est sans doute de donner l’exemple soi-même en ne jouant pas dès que les enfants sont couchés comme le font un bon nombre de parents. Les jeunes adultes accros aux jeux ou manifestant d’autres formes d’addiction sont nombreux. Il n’est pas rare de voir aujourd’hui des gens de tout âge notamment dans le métro s’acharner sur leur iPhone avec avidité. Or, on ne peut imposer que ce que l’on a soi-même dépassé d’autant que les enfants renvoient les parents à des problématiques d’accès à la réalité inconsciente et parfaitement masquées par une vie souvent rythmée par des horaires de travail intenses.
Comme nous l’avons évoqué plus haut, si l’addiction à l’écran des enfants est un symptôme, ce dernier révèle et met le doigt sur les aspects fantasmatiques de la relation. À ce titre les difficultés de l’enfant sont de véritables miroirs des problèmes enkystés des générations précédentes. Mais plus généralement, on peut penser que la multiplicité des écrans et le danger que cela représente pour les enfants, incite les parents à élever leur propre niveau de conscience et générer ainsi une plus grande compréhension des enjeux relationnels dans l’éducation. L’accroissement du danger addictif oblige à plus de conscience des enjeux de la transmission parent-enfant. Telle nous paraît être aujourd’hui la mission des parents en fonction de l’avenir qui semble se dessiner au travers des nouvelles formes de communication.
Les enjeux de la transmission reposent sur une compréhension de ces jeux de miroir d’une génération à l’autre que l’exploration de l’inconscient peut aujourd’hui mettre à jour. En effet, et c’est le plus important, le plus sur moyen de lutter contre les effets inhibiteurs des images consiste à en activer la portée symbolique. Accéder à la symbolique des images c’est élever ces dernières à un sens supérieur et accompagner les enfants dans leur quête d’expérience et de compréhension. C’est notamment ce qu’ils cherchent dans les jeux vidéo qui ne font que reproduire au fond les grandes étapes mythiques de la vie en mettant en scène la vie, la mort, l’honneur, la trahison, les alliances, les pouvoirs…, autant de situations initiatrices qui font d’eux des aventuriers virtuels.
Les parents d’aujourd’hui doivent être impérativement conscients de l’impact de leur relation dans l’éducation de leurs enfants : la recherche du sens des difficultés rencontrées, l’interprétation des attitudes en apparence incompréhensibles, le décryptage du langage symbolique des enfants vont devoir être les supports de l’éducation. Ils vont devoir élever les niveaux de discussion et répondre à la sollicitation de plus en plus forte des enfants face à l’absurde camusien de l’existence.
À ce titre les enfants sont le réservoir vierge d’une conscience éthique refoulée qu’il va falloir réveiller pour ne pas sombrer dans les pièges d’un monde qui se démultiplie à l’infini dans une réalité de plus en plus clivante. La multiplicité des écrans ne fait que confirmer les modifications profondes de la société lesquelles impactent avant tout la relation aux autres. C’est donc à ce niveau que se joue la formation et l’éducation des nouvelles générations, celles qui vont devoir affronter les conséquences de la mondialisation et donc gérer des modes de rencontre et d’échange certes très différents de ce que nous avons connus. Donner aux enfants l’envie de vivre leur vie plutôt que de la rêver. Pour cela il faut aussi construire un monde qui a un sens.

 Linda Gandolfi, é/a/p paris 2014
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L’argent, parlons-en, groupes d’échanges et de formation

Association Crésus Île-de-France Paris (CIFP)

Programme de septembre à décembre 2014

Crésus  Île-de-France  Paris  organise  des  ateliers d’échange  et  de  formation  sur  la relation à l’argent, la gestion du budget et la relation avec la banque.La participation est libre et gratuite pour les particuliers.

Qui peut participer à ces groupes ?

Ce programme vous concerne si vous rencontrez des difficultés financières et si vous souhaitez :

  • En parler librement avec d’autres personnes en difficulté et avec des animateurs spécialisés, pour vous sentir moins seul/e
  • Améliorer votre savoir-faire dans la gestion de votre budget, de vos crédits, de votre épargne et dans la relation avec votre banque
  • Eviter le surendettement ou en sortir au mieux

Etre accompagné/e et encouragé/e dans votre projet de mieux gérer vos affaires d’argent

Où ont lieu les séances ?

Au siège de l’association Crésus, 12 rue Jean-Bouton, 75012 Paris, métro et rer Gare de Lyon (sortie côté place Henri-Frenay).

Pour les réunions qui ont lieu en soirée, si on arrive après 18h30, et si la porte du 12 rue Jean-Bouton est fermée, il faut entrer par la place Henri-Frenay en sonnant à la porte de « Môm’frenay » (qui partage ses locaux avec Crésus).

Quelles modalités de fonctionnement ?

  • La durée des  séances  est  de deux  heures  (exceptionnellement  2h30  pour les séances intitulées « S’initier à la gestion du budget »)
  • Environ  48h   avant   chaque   séance,   Crésus   adresse   aux   participants   une confirmation indiquant le lieu, la date, les horaires et les thèmes traités
  • Les participants sont invités à s’inscrire avant chaque séance (voir adresse ci- dessous)
  • Chaque groupe est limité à 12 participants et la priorité est donnée à ceux qui se sont inscrits
  • Chacun peut n’être connu des autres participants  que par son seul prénom
  • Les participants sont écoutés avec bienveillance, sans être jugés
  • Ils sont tenus à l’obligation de confidentialité
  • Ils peuvent participer librement et en parallèle aux différents types d’atelier.

Quels contenus ?

Le dispositif « L’argent, parlons-en » comporte les quatre types d’ateliers ci-dessous :

1. « S’initier à la gestion du budget » 

Durée : 2h30  (cet atelier comporte une séance unique)

Les participants sont invités à analyser les points forts et les points faibles de leur situation financière. Ils découvrent ensuite comment il est possible d’améliorer la gestion de leur budget et la relation avec leur banque : en connaissant quelques idées de base sur l’argent, en apprenant à utiliser quelques outils simples et en appliquant attentivement certaines règles de bon sens.

Cet   atelier   ne   constitue   qu’une   initiation :   les   personnes   souhaitant   être accompagnées de façon plus approfondie pour apprendre à mieux gérer leur budget sont invitées à suivre ensuite les cycles d’échange et de formation « Mieux gérer son budget » et « Comprendre la banque et le crédit ».

Les séances, avec un contenu identique, ont lieu au choix, soit  de 14h00 à 16h30, soit de 18h30 à 21h. Les mardis 9 septembre, 23 septembre, 7 octobre, 21 octobre, 4 novembre, 18 novembre,
2 décembre, 16 décembre 2014.

2. « Mieux gérer son budget », cycle d’échange et de formation

Le diagnostic de votre  situation ; vos ressources et vos dépenses ; les tableaux à tenir ; la gestion du budget en famille ; la défense de vos intérêts.

Cinq ateliers de deux heures étalés sur cinq semaines. Chaque séance du cycle peut être suivie à deux horaires différents : la première en début d’après-midi, de 14h30 à 16h30 ; la seconde en soirée, de 19h00 à 21h00. Les jeudis 9 octobre, 16 octobre, 23 octobre, 30 octobre, 6 novembre 2014.

Recommandations : Le cycle constituant un ensemble cohérent, les participants ont intérêt à le suivre en totalité. Chaque séance peut néanmoins être considérée comme indépendante : les participants peuvent donc s’y inscrire même s’ils n’ont pas participé aux séances précédentes.

3.  « Comprendre  la  banque  et  le  crédit »,  cycle  d’échange  et  de formation

La  banque  et  les  produits  bancaires ;  les  crédits,  le  compte  débiteur ;  le surendettement et  la  sortie  du  surendettement  ;  les  moyens  de  paiement ;  les précautions à prendre dans les relations avec la banque.

Cinq ateliers de deux heures étalés sur cinq semaines. Chaque séance du cycle peut être suivie à deux horaires différents : la première en début d’après-midi, de 14h30 à 16h30 ;  la seconde en soirée, de 19h00 à 21h00. Les jeudis  20  novembre,  27  novembre,  4  décembre,  11  décembre,
18 décembre 2014.

4. Des groupes de parole et de consultation sur l’argent

Le groupe adopte en alternance l’un des deux modes de travail ci-dessous :

Groupe de parole sur l’argent (GPA) : chacun parle librement de l’argent et de sa relation à l’argent : sa situation financière, la gestion de son budget, ses crédits en cours, les relations avec ses créanciers, avec sa banque, avec sa famille, mais aussi ses projets, ses progrès, ses questions, ses émotions, ses sentiments, ses  souvenirs,  ses  comportements,  ses  conflits  au  sujet  de l’argent.

Groupe de consultation sur l’argent (GCA) : l’un des participants choisi par le groupe expose un problème, une préoccupation ou un projet relatif à l’argent. A travers une approche méthodique, le groupe l’aide à en faire une analyse approfondie et à trouver des pistes concrètes de solution.

Les réunions durent deux heures. Elles sont programmées en alternance le vendredi en début d’après-midi ou en soirée.

Groupe n° 1 : le vendredi de 18h30 à 20h30 : les 5 septembre (GPA), 19 septembre (GCA),
3 octobre (GPA), 17 octobre (GCA),  31 octobre (GPA), 14 novembre (GCA), 28 novembre (GPA),
12 décembre (GCA).

Groupe n° 2 : le vendredi de 14h30 à 16h30 : les 12 septembre (GPA), 26 septembre (GCA),
10 octobre (GPA), 24 octobre (GCA), 7 novembre (GPA), 21 novembre (GCA), 5 décembre (GPA),
19 décembre (GCA).

Comment s’informer ? Comment s’inscrire

La responsable est Betty.

Courriel : cresus.ape@gmail.com  Tél : 06 07 48 48 23

Laissez-lui un message :

o Si vous .souhaitez être informé(e), 48 heures à l’avance, de la tenue de chacun de ces groupes : le fait de recevoir ces invitations ne créent aucune obligation pour vous et vous pouvez à tout moment demander à ne plus les recevoir

o Pour vous inscrire à telle ou telle de ces réunions

o Pour obtenir une information ou une précision.


Intégration du Cycle de la vie

L’Intégration du Cycle de la vie est une technique nouvelle qui permet une guérison rapide chez les adultes ayant subi des maltraitances ou des négligences au cours de leur enfance.

Cette nouvelle méthode repose sur la capacité innée du corps et du psychisme à se guérir lui-même. L’Intégration du Cycle de la Vie utilise une technique psychologique intitulée “pont d’affect” afin de trouver quel souvenir est connecté au problème du patient. Le thérapeute guide le patient à travers son souvenir, en l’aidant à y apporter ce qui est nécessaire pour résoudre ce souvenir. Une fois le souvenir résolu, le thérapeute ramène le patient à travers le temps jusqu’au présent en utilisant une Ligne du Temps constituée d’images successives de souvenirs de la vie du patient. Cette Ligne du Temps de souvenirs et d’images prouve au corps et au psychisme du patient que le temps a passé et que la vie est différente aujourd’hui. Cette “preuve” s’inscrit à un niveau plus profond que lors d’une thérapie classique par la parole.

Pendant une séance d’Intégration du Cycle de la Vie, les patients produisent et visionnent un “film” de leur vie.

En thérapie par Intégration du Cycle de la Vie, l’avancée du patient dans le temps est faite visuellement, comme si le patient visualisait un “film” de sa vie. Ce “film” est généré spontanément par l’inconscient du patient et montre une séquence de scènes, dont un certain nombre sont liées au problème actuel. En regardant ce “film” de sa vie, le patient voit comment le passé continue d’affecter sa vie et ses choix au présent. Ce voyage à travers le temps, des souvenirs passés jusqu’au présent, est habituellement répété de trois à huit fois par séance. Les patients âgés ou ayant vécu des enfances traumatiques nécessiteront plus de répétitions du protocole ICV pour nettoyer l’empreinte cérébrale de leurs souvenirs traumatiques et “réécrire” leur modèle de vie de façon plus adaptée. Chaque répétition du protocole montre au patient un “film” différent en mouvement. L’ICV fonctionne bien aussi avec des personnes ayant de la difficulté à se souvenir de leur passé. Pendant une thérapie par ICV, les patients qui ont commencé avec des trous de mémoire quant à leur passé finissent par pouvoir relier les différents épisodes de leur vie en un tout cohérent.

Parler des maltraitances passées en thérapie ne suffit pas nécessairement pour passer à autre chose.

Il est bien connu des thérapeutes que les adultes ayant subi des maltraitances ou des négligences dans leur enfance passent des années de thérapie à raconter leurs traumas et exprimer leurs émotions à ce sujet, tout en éprouvant des difficultés à les surmonter. La raison en est que les personnes qui ont été traumatisées alors que leur système neuronal était en plein développement se retrouvent souvent “formatés” dans le sens d’une tendance à interpréter les événements de façon négative. Les adultes qui ont été maltraités dans leur enfance ont souvent une mauvaise image d’eux-mêmes, un dialogue interne continu négatif, et des tendances anxio-dépressives chroniques. Ces traits restent souvent intacts même s’ils ont réussi à s’épanouir par ailleurs dans leur vie et quelque soit le nombre d’années de thérapie par la parole qu’ils ont faites.

Les adultes qui ont été maltraités dans leur enfance réagissent souvent de façon stéréotypée, dysfonctionnelle et parfois auto-destructrice.

Les adultes ayant subi des traumas infantiles continuent souvent d’être “réactivés” dans leur vie actuelle. Lorsque les gens sont “réactivés”, ils réagissent souvent par des comportements teintés par le passé qui ne les aident pas dans la situation actuelle et qui peuvent être destructeurs. Répéter ces comportements auto-destructeurs guidés par les souvenirs traumatiques n’amène que la personne à se sentir encore plus mal et encore plus désespérée.

La thérapie par Intégration du Cycle de la Vie guérit complètement et en profondeur sans retraumatiser.

Enfin il existe une thérapie qui peut modifier tout ceci sans retraumatiser. L’Intégration du Cycle de la Vie est une thérapie très douce qui est efficace à un niveau profond, neuronal, afin de changer les comportements influencés par les souvenirs passés et les stratégies défensives dépassées. La thérapie par ICV aide à reconnecter les émotions désagréables et les comportements dysfonctionnels aux souvenirs des événements passés dont ces émotions et comportements sont issus.  Le fait de faire ces connexions à un niveau profond du corps et du psychisme permet de “restaurer” le système neuronal de façon à ce qu’il soit plus en harmonie avec la situation actuelle. Cette “restauration” survient très rapidement pour la plupart des gens. Après une thérapie par ICV, les gens remarquent qu’ils réagissent spontanément aux situations de stress de façon adaptée à leur âge. Après plusieurs séances d’ICV, les patients ont décrit qu’ils se sentaient mieux dans leur vie, s’acceptaient mieux, et étaient davantage capables de profiter de leurs relations affectives.


Le conte chaud et doux, les chaudoudous, par Claude steiner

 Il était une fois, dans des temps très anciens, des gens qui vivaient très heureux. Ils s’appelaient Timothée et Marguerite, et avaient deux enfants, Charlotte et Valentin. Ils étaient très heureux et avaient beaucoup d’amis. Pour comprendre à quel point ils étaient heureux, il faut savoir comment on vivait à cette époque-là.

Chaque enfant, à sa naissance, recevait un sac plein de chaudouxdoux. Je ne peux pas dire combien il y en avait car on ne pouvait pas les compter. Ils étaient inépuisables. Lorsqu’une personne mettait la main dans son sac, elle trouvait toujours un chaudouxdoux. Les chaudouxdoux étaient très appréciés. Chaque fois que quelqu’un en recevait un, il se sentait chaud et doux de partout. Ceux qui n’en avaient pas régulièrement finissaient par attraper mal au dos, puis ils se ratatinaient, parfois même ils en mouraient.

En ce temps-là, c’était très facile de se procurer des chaudouxdoux. Lorsque quelqu’un en avait envie, il s’approchait de toi et te demandait:  » Je voudrais un chaudouxdoux! » Tu plongeais alors la main dans ton sac pour en sortir un chaudouxdoux de la taille d’un poing. Dès que le chaudouxdoux voyait le jour, il commençait à sourire et à s’épanouir en un grand et moelleux chaudouxdoux. Tu le posais alors sur l’épaule, la tête ou les genoux, et il se pelotonnait câlineusement contre la peau en donnant des sensations chaleureuses et très agréables dans tout le corps.

Les gens n’arrêtaient pas d’échanger des chaudouxdoux et, comme ils étaient gratuits, on pouvait en avoir autant que l’on voulait. Du coup, presque tout le monde vivait heureux et se sentait chaud et doux.

Je dis « presque », car quelqu’un n’était pas content de voir les gens s’échanger des chaudouxdoux. C’était la vilaine sorcière Belzépha. Elle était même très en colère. Les gens étaient tous si heureux que personne n’achetait plus ses filtres ni ses potions. Elle décida qu’il fallait que cela cesse et imagina un plan très méchant.

Un beau matin, Belzépha s’approcha de Timothée et lui parla à l’oreille tandis qu’il regardait Marguerite et Charlotte jouer gaiement. Elle lui chuchota: « Vois-tu tous les chaudouxdoux que Marguerite donne à charlotte ? Tu sais, si elle continue comme cela, il n’en restera plus pour toi! » Timothée s’étonna: « Tu veux dire qu’il n’y aura plus de chaudouxdoux dans notre sac chaque fois que l’on en voudra un ? » « Absolument, répondit Belzépha, quand il n’y en a plus, c’est fini! »

Et elle s’envola en ricanant sur son balai. Timothée prit cela très au sérieux, et désormais, lorsque Marguerite faisait don d’un chaudouxdoux à quelqu’un d’autre que lui, il avait peur qu’il ne lui en restera pas. Et si la sorcière avait raison ? Il aimait beaucoup les chaudouxdoux de Marguerite, et l’idée qu’il pourrait en manquer l’inquiétait profondément, et le mettait même en colère. Il se mit à la surveiller pour ne pas qu’elle gaspille les chaudouxdoux en en distribuant aux enfants ou à n’importe qui.

Puis il se plaignit chaque fois que Marguerite donnait un chaudouxdoux à quelqu’un d’autre que lui. Comme Marguerite l’aimait beaucoup, elle cessa d’offrir des chaudouxdoux aux autres et les garda pour lui tout seul. Les enfants voyaient tout cela, et ils pensaient que ce n’était vraiment pas bien de refuser des chaudouxdoux à ceux qui vous en demandaient et en avaient envie. Mais eux aussi commencèrent à faire très attention à leurs chaudouxdoux. Ils surveillaient leurs parents attentivement, et quand ils trouvaient qu’ils donnaient trop de chaudouxdoux aux autres, il s’en plaignaient. Ils étaient inquiets à l’idée que leurs parents gaspillent les chaudouxdoux.

La vie avait bien changé! Le plan diabolique de la sorcière marchait! Ils avaient beau trouver des chaudouxdoux à chaque fois qu’ils plongeaient la main dans leur sac, ils le faisaient de moins en moins et devenaient chaque jour plus avares.

Bientôt tout le monde remarqua le manque de chaudouxdoux, et tout le monde se sentit moins chaud et moins doux. Les gens s’arrêtèrent de sourire, d’être gentils, certains commencèrent à se ratatiner, parfois même ils mouraient du manque de chaudouxdoux. Ils allaient de plus en plus souvent acheter des philtres et des potions à la sorcière. Ils savaient que cela ne servait à rien, mais ils n’avaient pas trouvé autre chose!

La situation devint de plus en plus grave. Pourtant, la vilaine Belzépha ne voulait pas que les gens meurent. Une fois morts, ils ne pouvaient plus rien lui acheter! Alors elle mis au point un nouveau plan. Elle distribua à chacun un sac qui ressemblait beaucoup à un sac de chaudouxdoux, sauf qu’il était froid, alors que celui qui contenait les chaudouxdoux était chaud. Dans ces sacs, Belzépha avait mis des froids-piquants. Ces froids-piquants ne rendaient pas ceux qui les recevaient chauds et doux, mais plutôt froids et hargneux. Cependant, c’était mieux que rien. Ils empêchaient les gens de se ratatiner.

A partir de ce moment-là, lorsque quelqu’un disait: « Je voudrais un chaudouxdoux », ceux qui craignaient d’épuiser leur réserve répondaient: « Je ne peux pas vous donner un chaudouxdoux, mais voulez-vous un froid-piquant? »

Parfois, deux personnes se rencontraient en pensant qu’elles allaient s’offrir des chaudouxdoux mais l’une d’elles changeait soudain d’avis, et finalement elles se donnaient des froids-piquants.. Dorénavant, les gens ne mouraient presque plus, mais la plupart étaient malheureux, avaient froid et étaient hargneux. La vie devint encore plus difficile! Les chaudouxdoux, qui au début étaient disponibles comme l’air qu’on respire, devinrent de plus en plus rares. Les gens auraient fait n’importe quoi pour en obtenir.

Avant l’arrivée de la sorcière, ils se réunissaient souvent par petits groupes pour s’échanger des chaudouxdoux, se faire plaisir sans compter, sans se soucier de qui offrait ou recevait le plus de chaudouxdoux. Depuis le plan de Belzépha, ils restaient par deux et gardaient les chaudouxdoux l’un pour l’autre. Quand ils se trompaient en offrant un chaudouxdoux à une autre personne, ils se sentaient coupables, sachant que leur partenaire souffrirait du manque. Ceux qui ne trouvaient personne pour leur faire don de chaudouxdoux étaient obligés de les acheter et devaient travailler de longues heures pour les gagner.

Les chaudouxdoux étaient devenus si rares que certains prenaient des froids-piquants qui, eux, étaient innombrables et gratuits. Ils les recouvraient de plumes un peu douces pour cacher les piquants et les faisaient passer pour des chaudouxdoux. Mais ces faux chaudouxdoux compliquaient la situation. Par exemple, quand deux personnes se rencontraient et échangeaient des faux chaudouxdoux, elles s’attendaient à ressentir une douce chaleur; mais au lieu de cela, elles se sentaient très mal. Comme elles croyaient s’être donné de vrais chaudouxdoux, plus personne n’y comprenait plus rien!

Évidemment, comment comprendre que ces sensations désagréables étaient provoquées par les froids-piquants déguisés en chaudouxdoux? La vie était bien triste!… Timothée se souvenait que tout avait commencé quand Belzépha leur avait fait croire qu’un jour ils trouveraient leurs sacs de chaudouxdoux vides.

Mais voilà ce qui se passa. Une jeune femme gaie et épanouie, aux formes généreuses, arriva alors dans ce triste pays. Elle semblait ne jamais avoir entendu parler de la méchante sorcière et distribuait des chaudouxdoux en abondance sans crainte d’en manquer. Elle en offrait gratuitement, même sans qu’on lui en demande. Les gens l’appelèrent Julie Doudoux, mais certains la désapprouvèrent parce qu’elle apprenait aux enfants à donner des chaudouxdoux sans avoir peur d’en manquer. Les enfants l’aimaient beaucoup parce qu’ils se sentaient bien avec elle. Eux aussi se mirent à distribuer de nouveau des chaudouxdoux comme ils en avaient envie.

Les grandes personnes étaient inquiètes et décidèrent de passer une loi pour protéger les enfants et les empêcher de gaspiller leurs chaudouxdoux. Cette loi disait qu’il était défendu de distribuer des chaudouxdoux à tort et à travers.

Désormais il faudrait un permis pour donner des chaudouxdoux. Malgré cette loi, beaucoup d’enfants continuèrent à échanger des chaudouxdoux chaque fois qu’ils en avaient envie et qu’on leur en demandait. Et comme il y en avait beaucoup, beaucoup d’enfants, presqu’autant que de grandes personnes, il semblait que les enfants allaient gagner.

A présent, on ne sais pas encore comment çà va finir… Est-ce que les grandes personnes, avec leur loi, vont arrêter l’insouciance des enfants ? Vont-elles se décider à suivre l’exemple de la jeune femme et des enfants et prendre le risque en supposant qu’il y aura toujours autant de chaudouxdoux que l’on voudra ? Se souviendront-elles des jours heureux que leurs enfants veulent retrouver, du temps où les chaudouxdoux existaient en abondance parce qu’on les donnait sans compter ?

 

 


JUNK FOOD: Elle en vient à dégoûter des aliments sains, par Frontiers of Psychology, 2014

Les chercheurs expliquent que la malbouffe entraîne des changements durables dans le circuit de récompense du cerveau en particulier dans le cortex orbitofrontal, une région du cerveau responsable de la prise de décision.

C’est la démonstration, sur l’animal, de l’effet addictif de la junk food ou malbouffe qui finit même, à force de consommation à biaiser le circuit de la récompense au point de bouder les autres aliments, plus sains. Ces conclusions, publiées dans la revue Frontiers of Psychology vont dans le sens d’une approche de l’obésité comme une forme de dépendance alimentaire.

De précédentes études ont déjà apporté des preuves ou suggéré que la consommation excessive de nourriture conduit à une neuro-adaptation des circuits de la récompense. Une surconsommation ou hyperphagie affaiblit peu à peu la capacité de contrôle de soi. Ici, les chercheurs de l’Université de Sydney démontrent que ce phénomène se vérifie aussi, de manière spécifique pour la junk food au point d’inhiber toute récompense pour les autres types d’aliments.

Leur expérience montre que des rats submergés de malbouffe non seulement deviennent obèses mais perdent l’appétit pour une alimentation équilibrée. Le professeur Margaret Morris, chef de pharmacologie de la Faculté des sciences médicales de l’UNSW (Australie) a conditionné de jeunes rats mâles à associer 2 indices sonores spécifiquement avec une saveur particulière, celle de la cerise et du raisin. Des rats nourris avec un régime alimentaire sain cessent de répondre aux signaux liés à une saveur de laquelle ils ont trop abusé, conformément au mécanisme inné qui protège contre la suralimentation. Des rats nourris durant 2 semaines de fast food, gâteaux etc…soit un apport calorique accru de 150% montrent un tout autre comportement. Non seulement ils n’évitent plus ces aliments après en avoir abusé mais ils boudent, durant un certain temps, une alimentation plus saine.

L’étude montre, certes sur l’animal, que trop de malbouffe induit encore plus de malbouffe et rend plus difficile encore le retour à un régime alimentaire équilibré.

Les chercheurs expliquent que la malbouffe entraîne des changements durables dans le circuit de récompense du cerveau en particulier dans le cortex orbitofrontal, une région du cerveau responsable de la prise de décision. Un processus qui se produit à l’identique chez l’Homme.